« La gouvernance ne commence pas lorsque survient un incident. »
La gouvernance des dépendances numériques est la discipline qui permet à une organisation de préserver son capital de maîtrise face à l'empilement croissant d'éditeurs, de plateformes, d'hyperscalers et de briques d'intelligence artificielle dont elle dépend. Le Modèle GDN en fournit le cadre méthodologique, détaillé dans mes publications et tribunes.
Vingt ans passés à la tête de systèmes d'information publics parmi les plus vastes du pays m'ont conduit à formaliser ce cadre : deux registres de lecture, deux outils complémentaires, une méthode pour transformer une dépendance subie en dépendance gouvernée.
La souveraineté numérique ne se mesure pas seulement à la localisation des données, au choix d'un fournisseur ou à la conformité d'un contrat.
Elle se mesure aussi à une capacité plus fondamentale : celle de comprendre, décider, contrôler et, si nécessaire, reprendre la main.
C'est ce que j'appelle le capital de maîtrise.
Ce capital peut s'éroder progressivement, à mesure que les organisations délèguent leurs infrastructures, leurs données, leurs processus et désormais certaines de leurs décisions à des plateformes, des services cloud ou des systèmes d'intelligence artificielle.
Mes travaux récents explorent cette question sous plusieurs angles : souveraineté numérique, traçabilité de l'IA, gouvernance des agents autonomes et maîtrise des chaînes de délégation.
Un même principe les relie : la dépendance n'est pas nécessairement un problème, elle le devient lorsque l'organisation n'est plus capable de la gouverner.
Le capital de maîtrise peut être observé et mesuré. Il se décompose en plusieurs capacités concrètes, dont l'évaluation permet d'apprécier ce qu'une organisation reste réellement capable de maîtriser face à ses dépendances numériques. C'est l'objet de l'ICM.
Le Modèle GDN s'appuie sur une mécanique en quatre temps, qui transforme une dépendance subie en dépendance gouvernée.
Le Modèle GDN distingue deux familles de notions. Les confondre revient à confondre un actif et un passif.
L'AIDN regarde la dépendance. L'ICM regarde ce que l'organisation reste capable de faire malgré cette dépendance.
Analyse d'Impact des Dépendances Numériques : une lecture structurée de l'exposition d'une organisation à ses dépendances : où elles se situent, ce qu'elles engagent, ce qu'il en coûterait d'en sortir.
Indice de Capital de Maîtrise : un indicateur de pilotage qui traduit le niveau de contrôle réel d'une organisation sur ses dépendances numériques, à suivre dans le temps.
C'est un cadre opérationnel pour dirigeants, DSI, RSSI et décideurs publics confrontés aux nouvelles dépendances créées par le numérique et l'intelligence artificielle.
Il peut être utilisé pour analyser une décision technologique, une architecture existante ou une trajectoire de transformation, dans une démarche structurée de gouvernance des dépendances numériques. Retrouvez l'ensemble de mes travaux sur Analyses & Médias.